20 février, 2007

Les beffrois et les écrivains.

Lundi 12 Février 2007, Madame Laidebeur nous a raconté d’une façon très détaillée l’historique des beffrois. Voici, tirés d’un livre magnifique au titre symbolique, « les Donjons de la Liberté », des textes de poètes écrivains amoureux de ces monuments.

Le beffroi joue son rôle de gardien et ses cloches règlent le travail ou appellent les citoyens aux armes.

_ « Ils sont les témoins d’une civilisation municipale comme les châteaux de la Loire indiquent une civilisation royale » (Mgr. Lestocquoy).

D’une ville à l’autre, on peut apercevoir la tour de l’autre:

_ « Parce que le temps était clair, le beffroi de Douai se révéla vaporeux dans la chaleur de l’été, cinq lieues de terres riches, mollement ondulées, traversées par la Scarpe argentine » ( Paul Adam)

Le chant des cloches inspire l’écrivain belge Georges Rodenbach
:
_ « Ensemble, bourdon et clochettes forment ce carillon si caractéristique, la musique du peuple. Ailleurs, dans les capitales ardentes,c’est le feu d’artifice qui constitue la fête publique, le don féerique dont s’exaltent les âmes. En ces Flandres méditatives, parmi les brumes humides et rebelles au prestige du feu, le carillon en tient lieu. C’est un feu d’artifice qu’on écoute. Gerbes, fusées, lueurs, mille étincelles de sons, dont l’air aussi se colore, pour les yeux visionnaires que l’ouïe avertit »

Bourdon qui résonne sourdement et clochettes qui grisollent font la mélancolie des villes de Flandre. Pour Georges Rodenbach dès l’enfance

_ « ce bruit toujours recommençant de la musique vieillie des cloches, ce chant grêle du carillon, un air comme tapoté sur un clavier de verre, sème ses lourdes fleurs de fer dans le vide des rues et sonnant la mort de l’heure, donne aux hommes l’avertissement de se résigner à mourir. »

Le mot « beffroi » qui revient d’une façon lancinante est associé à la mort

_ « C’est tout là-bas, dans le Nord où tout est mort : des beffrois survivant dans l’air frileux du nord, les beffrois invaincus, les beffrois militaires, montés comme des cris vers les ciels planétaires, eux dont les carillons sont une pluie en fer, eux dont l’ombre à leur pied met le froid de la mer »

D’autres poètes chantent les beffrois. Pour Léon Bosquet :

_ « Tous les beffrois chantent l’épiphanie »

Et Camille Lemounnier de s’écrier :

_ « Tout à coup, du haut du beffroi s’essore la volée mélodieuse des oiseaux du carillon. Ecoutez, écoutez, c’est la chanson de Bruges. Tant qu’elle volera par les airs sur l’aile des oiseaux de la tour, l’âme de Bruges toujours plus haut planera dans la lumière….. La belle chanson qui parle des choses qui ne meurent… »

Maxence van des Meerch, dans Maria fille des Flandres écrit en parlant des cloches :

_ « Nous sommes les aïeules les témoins. Nous sommes la voix d’une race à qui tout un passé d’effort a enseigné le sens de l’existence »

Pierres d’orgueil, les beffrois sont pour toujours l’image de « l’immobile fierté » des gens du nord de la France et de la Zélande. Désormais, nous regarderons d’un autre œil ces géants de pierre dont beaucoup sont inscrits sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Humanité.

FH

Aucun commentaire: